Les Taponier

Taponier un patronyme de notre famille que l’on retrouve dans de nombreux villages du genevois. Un patronyme pour des personnages célèbres et de nombreuses histoires.

Le nom Taponier pourrait venir de « tapon » en ancien-français, à savoir un petit morceau de bois qu’on…tape pour caler quelque chose. Quelque chose qu’on coince avec une petite pièce de tissu, et qui bouche quelque chose…Vous avez deviné: il s’agit d’une barrique ou d’un tonneau. Le tapon, c’est le bouchon de la barrique! Le taponier est donc, très normalement, le fabricant de bouchons pour tonneaux.
Le nom est surtout porté en Charente-Maritime. C’est sans doute le surnom d’un fabricant ou d’un marchand de bouchons (sens de l’ancien français tapon), mais on peut aussi penser à un sobriquet pour un personnage tout petit.
Faut-il écrire Tapponier, Tapponnier, Taponier ou même Taponyer, Tappugnier ? Nous verrons que dans le genevois c’est très probablement la même famille ! Comme générique nous prendrons Taponier l’orthographe attachée à nos ascendants les plus récents.


Origine des Taponier

Avant de décoder ces différentes orthographes, attachons nous à éclaircir l’origine de cette famille.

Dans son exposé sur « la naissance d’un village, le Chable », le chanoine Berthoud donne les Taponier comme étant à l’origine de ce village. Catholiques, ils seraient venus, probablement de Genève (entre 1500 et 1550), se mettre sous la protection de la duchesse Charlotte de Savoie Nemours dont les huguenots s’étaient engagés à protéger les terres (Beaumont dans le mandement de Ternier restant protestant / Jussy(1), le Chable, Presilly catholiques sur le territoire de la Duchesse).

Nous avons récemment retrouvé un article dans : “Registres du Consistoire de Genève au temps de Calvin. Tome I, 1542-1544 p 169-341-345” que nous vous transcrivons.

“On demande à Claude Tappugnier, ferratier, s’il entend
être sauvé par les bonnes œuvres : il répond qu’il entend « qu’il sera sauvé par la miséricorde de Dieu et les bonnes œuvres ». Il croit que Dieu agrée les bonnes œuvres, qu’il est bon de prier pour les morts et de prier la Vierge Marie, qui a puissance d’intercéder pour nous. • Ses opinions sont trop catholiques; on lui fait des « remonstrances ».”

Ce Tappugnier était  un de nos Tapponnier d’Andilly. Il s’agissait bien d’un Tapponier que nous retrouvons  dans les tomes suivant du même ouvrage. Nous retrouvons également  un Jean Tapponier emprisonné pour blasphème en 1548 (tome 3 page 50) et un Jacques bourgeois en 1551)Taponier (tome 6). Ce jacques est dit allias Bouvier (reçu en bourgeoisie en 1551).

Dans le tome 6 on nous donne plus d’information sur ce Claude. Il est dit ferronier de Presilly et admis en bourgeoisie le 29 janvier 1521. Il se maria 2 fois.Il épousa d’abord la fille de Jacques Furjon puis, après 1546, Françoise Chateuneuf.

Le chanoine n’avait certainement pas connaissance de la gabelle du sel de 1562 qui fait mention de 3 feux Tapponyer à Andilly ! Ce document ne contredit ni n’infirme les hypothèses du chanoine, il apporte simplement un complément d’information et pose une fois encore la question sur l’origine et la généalogie de la famille Tapponyer avant 1549.
On note 6 feux au Chable en 1576, tous Taponier !!! Certains prénoms de 1576 sont les mêmes que ceux d’Andilly en 1562 ! Sont-ce les mêmes personnes ? Gageons qu’étant donné le nombre de feux à Andilly en 1562, et en 1576 au Chable, les Taponier sont probablement antérieurs à la date de 1562 dans ces lieux ! Leur première implantation fut-elle à Andilly ou au Chable ? Venaient-ils de Genève ?

• Pour Genève, les Taponier les plus anciens sont notés vers 1550 par Galife
• Pour Andilly c’est 1562 avec la gabelle du sel
• Pour Le Chable-Beaumont c’est 1576
• Pour Viry et Saint-Julien et Presilly ce sera plus tard vers 1600 !

Il nous faudrait des documents pour Andilly antérieurs à 1562 pour trancher. Retenons donc hypothèse du chanoine Berthoud avec une certaine prudence toutefois. Les Taponier sont une seule famille ils ont fondé le Chable, il faudrait donc en déduire que les Taponier d’Andilly sont issus de ceux du Chable.
Notre généalogie, nous indique que les Taponier de Presilly sont issus d’Andilly ou du Chable, ceux de Viry/Vers viennent d’Andilly….

Les Taponnier du Chable

Au 20ème S/siecle, on note deux branches au Chable: Il s’agit toutefois d’une même origine par Martin Taponier dit Baron né en 1605 avec une séparation des descendances et des orthographes différentes les Tapponier “horticulteurs” du haut de Chable et les Taponier “négociants” de la maison du bas du Chable. Le chanoine Berthoud parle de la maison Tapponier du haut du Chable non loin de la boulangerie au sommet du Chable (ceux qui seront horticulteurs en 1870). Pour moi, le Chable c’est la maison Taponier du bas du chable dont une partie fut habitée par Hyppolyte Bertherat dit Paccard époux de Joséphine Taponier quelques temps après la naissance de leur fils Louis à La Roche en 1896 et avant 1913, date à laquelle Joséphine gère l’un des 13 cafés-restaurants du Chable.

Henriette ma mère et Raymond Tapponier son conscrits était donc cousin au 9ème degré !!!!

 


L’orthographe du nom.

Nos ascendants directs du Chable s’orthographient Taponier avec 1 « p » et 1 « n », mais cet orthographe provient d’une erreur de transcription qui date de mai 1710 et la naissance de Jean Louis Taponier au Chable. Avant cette date toutes les branches étaient retranscrites avec 2 « p » et 1 « n ». Cette erreur aura au moins permis de distinguer les branches après cette date ! Une autre manière de distinguer entre les branches est le suffixe souvent attachée au nom au XVI et XVIIème siècle. Ainsi trouve-t-on des Tapponier Dit Cadet, des Tapponier Pantan, des Taponier dit Goffet (ou Gosset), des Taponier dit Baron (notre branche).

Des Personnages singuliers par ordre chronologique.

  • Etienne Taponier (1672-1770) fut rendu célèbre en 2009 par Suzanne Girod qui fit une conférence sur cette période de 1709 année du mariage d’Etienne avec Jeanne BouchexCette conférence (clic)nous est racontée par Bernard Girod dans le journal de l’association “Le Benon” n°65 de l’été 2009. 
  • Alexandre TAPONIER (1749-1831), vainqueur de la Bastille. Fils d’Augustin Taponier et de Jeanne Lagier, Alexandre-Camille Taponier voit le jour à Valence le 2 février 1749. Général de division de la Révolution française qui s’illustre particulièrement lors des guerres de la Première coalition, aux Bataille de Wissembourg le 13 octobre 1793 et de Kaiserslautern du 28 au 30 novembre 1793
  • Jean Claude TAPONIER (1743-1821) Il eut un grand rôle à la révolution. Cabaretier au chable fut élu député .(source Felix Croset) pour étudier le rattachement de la Savoie à la France https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6574838s/f36.image.r=TAPONIER p33) Il fut le maire de Beaumont en 1792 (maire pendant 2 mois) C’est lui qui signa l’inventaire de l’abbaye de Pomier fait par les émissaires de Carouge. Cet inventaire fut suivi par la destruction de la plupart des documents appartenant aux moines. Jacques André Borgel prit sa succession (Felix Croset page 105)
  • Son fils Jacques Marie fut réquisitionné le 28 avril 1793 avec 3 autres du Chable pour aller servir la France:
    Jacques-Marie fils de Jean-Claude Taponier, âgé
    d’environ 21 ans, cheveux et sourcils noirs, yeux bleus,
    . visage un peu long, nez un peu gros, taille 5 pieds et 1 pouce.
  • Hippolyte-Marie Tapponnier (1865-1911) fut ordonné prêtre le 22 septembre 1888, membre des missions étrangères
  • André Taponier (1869-1930)

    Né en 1869 à Beaumont (Haute-Savoie), mort tragiquement d’un accident automobile à Paris le 25 décembre 1930 (voir procès en appel Amiens), est un photographe français, actif de 1895 à 1930, spécialisé dans les portraits de célébrités. Il suivit le destin tragique de son frère Louis décédé accidentellement en 1923. André fit ses débuts dans la photographie chez Fred Boissonnas à Genève et en 1895 créa son propre atelier à Reims où il fit la connaissance de Dom Augustin Marre, auxiliaire du cardinal de Reims, et abbé de Notre-Dame d’Igny, général des cisterciens. En 1901, Fred Boissonnas, désireux de créer un atelier à Paris, proposa une association, à part égale, à son ancien collaborateur pour créer l’atelier Boissonnas et Taponier, situé 12, rue de la Paix, à Paris. En 1912, André Taponier, principal animateur et créateur artistique de cet atelier de grande renommée où passèrent entre autres les têtes couronnées de l’époque, la famille d’Orléans, des écrivains célèbres comme J.-K. Huysmans, des sculpteurs comme Troubetskoï, Bugatti, José de Charmoy, des artistes de théâtre et bien d’autres célébrités, racheta à Fred Boissonnas sa participation dans cette affaire. Voir en lien Les Photos d’André (clic)
  • Louis François Taponier (1871-1923) Un des frères d’André ci-dessus. Sa voiture conduite par Edouard Eugene Lion son chauffeur fut écrasée par une locomotive au passage à niveau de Ternier (Saint-Julien en Genevois), le garde barrière ayant oublié de fermer les barrières ! Lucie Benoit épouse de M.Lion vécue jusqu’en 1976 dans la maison Taponier du Chable, elle fut une personne importante de la paroisse. Avant cet accident, Louis était associé depuis 1912 avec Henry Girod dans la société fromagère Girod et Taponier qui deviendra Girod après la mort de louis
  • Paul Tapponnier (1884-1970), homme politique, député de la Haute-Savoie 

Paul Tapponnier fut l’une des figures politiques les plus populaires de la Haute-Savoie, durant la première moitié du XXe siècle. Bien que né à Genève en 1884, il débuta sa carrière à Collonges-sous-Salève, village frontalier où son père s’était installé. Assureur de profession, il s’occupa beaucoup d’action sociale, et rédigea pour différents journaux et revues des articles enflammés et pleins d’enthousiasme, qui parurent sous divers pseudonymes : Paul du Salève est le plus courant. Il a laissé un important fond aux ADHS sous la cote 52 J.

  • Paul Tapponnier (1947-)

    Géophysicien, membre de l’académie des sciences.
  • Stéphane Taponier, né le 17 juillet 1962 à Marseille, est un journaliste reporter d’images français pour la chaîne France 3, enlevé le 29 décembre 2009 en Afghanistan et libéré le 29 juin 2011

Page mise à jour le 08/11/2019